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Chronique de Chine

Chronique de Chine

Le mieux, c'est de faire semblant de comprendre.

Faire semblant de comprendre, mais en fait ne rien comprendre.

En réalité, je ne comprends rien, strictement rien.

C'est comme ça.


La Chine, c'est accepter le risque de ne plus être en contrôle, de ne pas bien saisir ce qui m’arrive. En perte de repère, je me suis raccroché à ce que je connais : la photographie. Profiter de l'imprévu, miser sur le hasard des rencontres, apprendre, partager, chercher à mettre en reliefs mes impressions dans le tourbillon de contradictions auquel fait face cette culture millénaire. Rendre esthétique ce qui moralement ne l'est pas, pour mieux le questionner? Avant tout, vivre une expérience; celle de l'errance dans d’immense mégapoles et l'inscrire clairement dans ma démarche artistique.


Gao Xingjian, La Montagne de l'Âme, La Tour-d'Aigues : Éditions de l'aube, 2000, les 4 dernières lignes du roman